Vous vous êtes déjà demandé pourquoi, après avoir troqué vos chaussures de marche contre des baskets de course pour aller bosser, vous arrivez essoufflé, avec une folle envie de sieste à la pause café ? Après tout, ce sont toujours ces fameux 3 kilomètres. Mais si votre organisme a l’air de croire au marathon, ce n’est pas sans raison ! Découvrons pourquoi courir brûle bel et bien plus de calories que marcher, même pour la même distance.
Course ou marche : le duel énergétique
- Marcher 3 km : 45 minutes à vitesse “normale”, tranquille, on profite du paysage.
- Courir 3 km : 20 minutes, c’est sportif, mais on arrive… à bout de souffle !
Et à midi, surprise : plus de fatigue que les jours où l’on prend son temps. Que se passe-t-il en coulisses ? C’est ici qu’entre en jeu le concept de coût métabolique. Ce terme désigne l’énergie que notre corps consomme pour effectuer un exercice, calculée grâce aux échanges gazeux (oxygène consommé et dioxyde de carbone rejeté, pour les fans du labo !) Les chercheurs s’y intéressent depuis les années 1970 et la conclusion ne change pas : courir réclame plus de ressources à notre organisme que marcher, pour une même distance.
Pourquoi la course fatigue-t-elle plus ?
Prenons un cobaye quelconque – vous ou votre collègue – et observons-le courir. Vous remarquerez que son bassin et sa tête bougent non seulement d’avant en arrière, mais surtout… de haut en bas ! Eh oui, au pas de course, notre centre de gravité ondule gaiement verticalement, bien plus qu’à la marche. Or, cette oscillation n’aide en rien à avancer. Elle existe simplement parce que pour courir, nos membres inférieurs doivent fournir plus de force pour “sauter” d’un pas à l’autre.
Résultat : une partie de l’énergie dépensée sert simplement à s’élever dans les airs. Autant dire que ce n’est pas le chemin le plus court vers votre bureau, mais c’est celui qui coûte le plus de calories. Voilà pourquoi, pour ces mêmes 3 kilomètres, la course à pied vous demandera nettement plus de carburant que la marche.
Quand l’effort continue… même après l’arrivée
La dépense ne s’arrête pas sitôt franchie la porte du boulot ! Chaque activité physique laisse un sillage énergétique, et la course est loin d’être avare sur ce point. Après avoir couru, le corps maintient une consommation énergétique largement supérieure à l’état de repos : c’est la fameuse “postcombustion”.
Pourquoi ? C’est entre autres à cause de l’augmentation de la température corporelle, mais aussi parce qu’il faut reconstituer les réserves d’énergie épuisées par l’effort. Et là encore, la course fait grimper la note : la dépense supplémentaire post-course peut être plus de deux fois plus élevée que celle enregistrée après une simple marche, tout cela à cause de l’intensité de l’exercice.
Marche très lente, marche rapide : le point de bascule
Un détail à ne pas négliger : tout dépend aussi de la VITESSE de marche. Si vous flânez à un rythme d’escargot, le trajet vous prendra si longtemps… que la dépense totale grimpe. Pourquoi ? Parce que votre corps consomme de l’énergie continuellement, indépendamment de l’activité (merci le métabolisme de base !). À l’inverse, il existe une allure pour laquelle la marche devient, à force d’accélérer (au-delà de 8 km/h), moins économe que de passer… à la course !
Cette frontière est instinctivement connue du corps humain : sur un tapis roulant qui accélère doucement, on passe à la course pile au moment où marcher demande trop d’effort. Magie du bon sens corporel !
- À allure normale (environ 5 km/h) : la marche reste moins énergivore que la course.
- Marche très lente : l’énergie dépensée augmente par la durée.
- Marche très rapide (plus de 8 km/h) : courir devient paradoxalement plus “rentable”.
Conclusion : Il n’y a pas photo : une plus grande oscillation du centre de masse, une récupération post-effort plus énergivore… Courir pour aller au travail vous coûtera plus de calories que la marche, même si la distance ne bouge pas d’un iota. Mais, rassurez-vous : qu’importe votre rythme, vous accumulez surtout les économies… d’énergie fossile ! Alors, courez ou marchez, l’important est déjà là : vous avancez !













