La montagne continue de séduire, malgré des difficultés qui s’accumulent sur la neige fraîchement damée. Mais cette saison 2024-2025 s’annonce contrastée et pleine d’incertitudes, alors même que la demande monte… et que les prix montent avec elle !
Des réservations en hausse, mais la montagne sous tension
Les tendances de réservation, révélées par le cabinet G2A le 8 octobre, laissent apparaître un paradoxe : malgré les problèmes climatiques et économiques, les sports d’hiver restent très attrayants. Même si les grandes stations semblent croquer une part de plus en plus grosse du gâteau, le reste du secteur ne démérite pas. Les chiffres sont plutôt stables : le volume de nuitées réservées progresse légèrement de 0,3 %, essentiellement grâce aux Alpes, tandis qu’une légère baisse de 0,7 % est attendue à l’atterrissage – oui, pour une fois, on parle d’atterrissage à ski mais sans bosses ! Tout cela ressemble fort à la saison passée : solide dans l’ensemble, mais avec des risques qui grandissent et des écarts qui se creusent.
Les grandes stations prennent de la hauteur… et des parts de marché
La ruée vers les sommets continue : selon Denis Maurer, patron de G2A, « les grands domaines d’altitude » affichent une avance de 6 % sur les réservations, tandis que les fameuses stations dites « charme » reculent du même chiffre – on devine qui fait la grimace au pied des pistes. La demande reste vive malgré un calendrier jugé moins favorable : David Sandier (Pierre et Vacances) confirme que les « vacances de printemps très tardives » n’ont pas freiné l’engouement, et Vincent Lalanne (Val Thorens) affirme que les réservations sont en avance de plus d’un mois sur les prévisions. Les 3 Vallées, qui ouvriront avec Tignes dès le 23 novembre, n’ont pas perdu de temps pour recruter leurs saisonniers.
- Les réservations grimpent dans les grandes stations (jusqu’à +6 %)
- Stations « charme » : situation plus délicate (-6 %)
- La demande globale reste bonne… mais inégalement répartie
Des prix en forte hausse et une clientèle en mutation
Côté portefeuille, il va falloir s’accrocher aux bâtons : la hausse frappe aussi les tarifs ! Selon Anne Marty (Domaines skiables de France), il faudra prévoir entre 2 et 4 % de plus pour les forfaits. Quant à l’hébergement, la moitié des professionnels prévoient d’augmenter les prix de plus de 5 %. Vincent Lalanne défend « le rapport qualité-prix » en rappelant que la France reste plus compétitive que ses voisins – de quoi (un peu) relativiser le coup de massue. Les touristes étrangers, souvent moins regardants sur le montant final (surtout s’ils débarquent en avion), n’hésitent pas, eux, à consacrer un budget plus élevé à la glisse hexagonale.
Autre phénomène marquant : janvier bat encore des records de réservations, et ce pour la troisième année consécutive. Les familles avec enfants de moins de 6 ans n’hésitent plus à sécher l’école pour profiter de tarifs plus doux hors vacances scolaires. Et même si le début de saison est ponctué d’offres “early booking”, c’est véritablement en octobre que la course s’accélère. Du côté de N’PY (stations pyrénéennes), on avoue avoir 2 % de retard sur les réservations, mais les professionnels restent confiants, misant sur leurs campagnes de communication toutes neuves.
- Forfaits : +2 à +4 % attendus
- Hébergements : +5 % ou plus selon la moitié des acteurs
- Les familles cherchent le bon plan… quitte à bousculer les calendriers scolaires
Printemps, chantiers et résilience : la montagne s’invente (ou s’inquiète ?)
Cependant, tout n’est pas rose sur les pistes. Mars et avril accusent du retard dans les réservations. Jean-Luc Boch (Association des maires de stations de montagne) rappelle qu’en matière de neige au printemps, “les Français ne le savent pas assez mais il y a de belles conditions”. Il faudra donc sortir l’artillerie pour attirer sur les pistes dès la mi-avril, d’autant que skier en avril, pour les Français, suppose des prix attractifs, de la bonne neige, et pas trop de foule. Denis Maurer admet que des efforts commerciaux s’imposent.
Le climat d’incertitude pèse encore, entre actualités anxiogènes (fermetures potentielles de stations comme l’Alpe du Grand Serre, ou le Grand Puy, menacées par le réchauffement climatique) et investissements colossaux : Les 2-Alpes ouvriront début décembre un tout nouveau téléphérique géant (17 minutes pour relier 1650 à 3200 m, 3 000 personnes/heure, 135 millions d’euros). Et pour ceux qui trouvaient que le ski devenait ringard, les innovations fleurissent : simulateurs et pistes indoor dans les Hautes-Alpes, multiples trains en renfort (merci la SNCF, les navettes à neige ont la cote!), et même des chantiers toujours plus complexes à gérer.
- Retards de réservation au printemps, mais météo (souvent) clémente
- Poussée des stations vers la modernisation (infrastructures, simulateurs)
- Le climat et la conjoncture économique restent des inconnues de taille
En somme, la saison 2024-2025 s’annonce pleine d’opportunités… mais aussi de défis et d’ajustements. Un conseil pour ne pas louper la poudreuse : gardez l’œil sur la météo, mais surtout, sur les promos ! Le plaisir de la glisse, lui, semble vouloir résister à toutes les turbulences.













