C’était le 7 février, à Pékin, et personne n’avait jamais vu ça sur une patinoire olympique : des hockeyeuses russes et canadiennes, masques FFP2 vissés sur le visage, prêtes à en découdre aussi bien contre leur adversaire que contre un virus capricieux et des résultats de tests à la bourre. Ambiance post-apocalyptique ou simple effet secondaire des Jeux de l’ère Covid ? Retour sur une première historique aux JO !
Une entame de match pas comme les autres
- Les JO de Pékin, déjà marqués par des consignes sanitaires très strictes, viennent d’inscrire une “première” dans l’histoire du hockey sur glace féminin : masques FFP2 obligatoires pour toutes sur la glace, ce lundi-là.
- Pourquoi ? Tout simplement parce que les résultats des tests Covid matinaux des Russes tardaient à arriver, faute de réactivité du laboratoire chinois.
Résultat, alors que les joueuses russes d’Anna Shokhina piétinaient avec discipline sur la glace du centre sportif de Wukesong à l’heure prévue, côté canadien, la patinoire faisait grise mine : pas une feuille d’érable à l’horizon. Le suspense était total.
Négociation express et décisions improvisées
Pas question, évidemment, de mettre la sécurité en péril. C’est donc après une discussion de vestiaire (littéralement !) entre les deux équipes et le Comité international olympique (CIO), que la décision tombe : tout le monde portera un masque, histoire d’assurer le show et la sécurité.
Un comble, car le règlement officiel précisait que les sportives étaient en principe dispensées de porter un masque pendant les épreuves… Mais en période covidée, on adapte le règlement aussi vite qu’une paire de patins file sur la glace.
Natalie Spooner, attaquante canadienne et collectionneuse de médailles (or à Sotchi en 2014, argent à Pyeongchang en 2018 — la routine, quoi) rassure le public : « Nos entraîneurs et notre personnel médical n’allaient pas nous mettre dans une situation où nous ne nous sentirions pas en sécurité. »
- Score final : 6 à 1 pour le Canada, nettement plus à l’aise avec le puck que sous un FFP2.
- Retard au coup d’envoi, gênes respiratoires et ambiance lunaire sur la glace : le Covid n’en finit pas de bousculer même les rituels les plus sacrés du sport de haut niveau.
Côté russe, la défense s’organise… aussi auprès des officiels
Anna Shibanova, défenseuse côté russe, n’a pas mâché ses mots. Selon elle, les Russes n’étaient absolument pas responsables du retard des résultats : « C’est hors de notre contrôle, nous avons fait notre test à l’heure habituelle. » Et d’enchaîner, histoire de bien pointer le vrai coupable : « Les Chinois du laboratoire n’étaient pas prêts à donner les résultats de notre test PCR. »
Les joueuses russes, toutes négatives, l’ont un peu en travers de la gorge. Une fois les résultats “enfin” arrivés, elles s’empressent de retirer les masques pendant la troisième période. Côté canadien, on la joue prudence maximale : « Nous nous sommes dit que nous les avions (les masques) sur nous pendant deux périodes alors pourquoi ne pas continuer à être très prudentes pendant une période » raconte Spooner, esprit d’équipe jusqu’au bout des lèvres.
Port du masque sur la glace : une expérience à (ne pas) renouveler ?
Pour Anna Shibanova, une chose est sûre : jouer masquée, ce n’est pas l’expérience de l’année. « Ce n’est pas une sensation agréable. Il n’y a pas assez d’air » confie-t-elle, pas mécontente d’avoir bientôt recouvré la liberté de respirer à pleins poumons entre deux accélérations.
Ce moment restera gravé dans l’histoire des Jeux, mais espérons – pour le spectacle, le sport et la santé des joueuses – qu’il ne se répétera pas de sitôt. Si jamais on vous demande, le seul masque accepté dans une arène de hockey, c’est celui du gardien… et encore, pas en FFP2 !













