Faut-il vraiment s’inquiéter ? Réalité du climat, inquiétudes et espoirs pour les stations de ski françaises après 2040

Changement climatique : la neige sur la corde raide

C’est désormais une rengaine que l’on préfère fredonner sous la douche plutôt que sur les pistes : la neige fond, les saisons raccourcissent et les stations grinceraient presque des dents si elles n’avaient pas déjà du mal à garder leur blancheur. Cet hiver, les effets du changement climatique ont encore frappé. Noël dernier ? La moitié des pistes fermées. Les Alpes, depuis fin janvier ? Presque plus rien, un paysage qui donne davantage envie d’enfourcher un VTT que de chausser des skis. « Depuis 2008, toutes les saisons ont de toute façon été compliquées », confie Philippe Padelli, du domaine des Gourettes près de Lourdes, dans les Pyrénées. L’ambiance est donc un peu frisquette côté moral.

Le constat est sans détour pour Samuel Morin, chercheur et directeur du Centre national de recherches météorologiques (CNRM) : « Nous avons déjà perdu l’équivalent d’un mois de neige par rapport aux années 1970, à cause d’hivers plus courts ». Bref, on glisse un peu plus vite vers le printemps, qu’on le veuille ou non.

Le verdict des climatologues : qui va (vraiment) manquer de neige ?

Face à cette situation, il est légitime de se poser la question : dans quelles vallées pourra-t-on encore skier dans vingt ans ? Pour éclairer ce sombre tableau, des chercheurs en climatologie se sont penchés sur le sort de pas moins de 95 stations des Alpes et 26 des Pyrénées. À leur palette : des simulations pointues, deux critères (dont l’enneigement moyen hivernal entre 2041 et 2070), et l’objectif d’anticiper les zones les plus à risque de voir fondre leurs espoirs… en même temps que la neige.

Le sujet, loin de glisser indifférent parmi la poudreuse, passionne les amateurs. L’article « Quelles stations de ski vont le plus manquer de neige après 2040 ? » compte parmi les favoris des abonnés du Figaro. Signe que la question taraude plus d’un skieur.

Des conséquences bien réelles pour les stations… et un paradoxe immobilier !

Ce climat d’incertitude irrigue tout un pan de l’économie locale. Au quotidien, professionnels et travailleurs du secteur doivent jongler avec le risque de fermetures, des pertes en cascade et un avenir givré d’incertitudes. Nul besoin de rappeler que ce secteur économique, ce sont des milliers de personnes qui en dépendent.

Mais (c’est tout de même cocasse !) l’étude sur la disparition possible de l’or blanc a un effet inattendu : les prix de l’immobilier dans les stations de haute altitude ne cessent de grimper. Illustration frappante dans une station alpine perchée à 2 100 mètres : en cinq ans, le mètre carré a bondi de 40 %. Tout le monde veut acheter, surtout les étrangers, tandis que les logements se font rares. Alors, faut-il croire à une forme de « propagande » annonçant la fin de la neige ? Certains le murmurent, suggérant que de tels articles reviennent finalement à saborder tout un secteur avant l’heure.

Et après ? Des pistes à suivre

Au milieu de ces bouleversements, une certitude : la montagne ne se laisse pas dompter si facilement. Une piste ? S’adapter, innover, mais surtout, continuer à s’informer et à soutenir ces territoires qui, au fil des saisons, écrivent leur avenir dans la neige… ou ailleurs. La réalité du climat invite à repenser la montagne au-delà du ski, tout en gardant une pensée pour ceux – professionnels et passionnés – qui rendent la saison blanche si précieuse.

En conclusion, si la neige se fait désirer, les débats, eux, ne sont pas près de fondre. Mais il reste encore, peut-être, à savourer chaque descente, à la fois comme un cadeau… et un défi à relever.

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