Le genou qui lâche, le craquement qui glace le sang et une douleur digne d’une scène de film catastrophe… Si vous faites du sport (ou même juste un mauvais pas), les ligaments croisés, ces petits héros du genou, peuvent se transformer en cauchemar bien réel. Mais faut-il pour autant dire adieu à la vie active et quitter le terrain de foot pour toujours ? Un spécialiste nous démêle le vrai du faux sur la rupture des ligaments croisés : symptômes, traitement, convalescence… Sortez la glace, on vous explique tout sur ce drame orthopédique !
Pourquoi le ligament croisé craque-t-il ?
La rupture d’un ou des deux ligaments croisés, c’est avant tout une histoire de trop-plein d’efforts. En effet, une forte sollicitation de l’extensibilité de ces ligaments met sérieusement leur solidité à l’épreuve. Les sports sont sur le banc des accusés : ski, football, rugby, basketball, moto, tennis… Dès qu’il y a des sauts, des réceptions, des changements de direction rapides, le genou est mis à rude épreuve, prêt à disjoncter à la première occasion. La fatigue et les mauvais gestes techniques ne font qu’aggraver la situation.
Et la mauvaise nouvelle, surtout pour les femmes : elles sont beaucoup plus touchées par la rupture du ligament croisé, notamment en basket où les joueuses seraient quatre fois plus à risque que les joueurs hommes. Mais il n’y a pas que le sport pour accuser le coup : un choc extérieur (type coup de la hanche sur la piste de danse), un virage brusque ou encore un accident de la route peuvent provoquer cette lésion tant redoutée.
Symptômes et diagnostic : le choc et l’après
Si le genou a rompu, impossible de faire semblant : au moment du traumatisme, une douleur fulgurante s’invite aussitôt. Selon le Dr Coutens, cela s’accompagne d’une sensation de craquement : « comme une branche qui craque ». Plutôt explicite… Dès cette étape, il est conseillé de consulter un médecin illico pour éviter les complications.
L’examen commence généralement par une observation de la mobilité du genou. Le fameux test de Lachman est utile au diagnostic, mais difficile à réaliser juste après le choc à cause du gonflement important. Il faut donc souvent réévaluer le patient plusieurs jours après. Pour lever tout doute : l’IRM prend le relais, permettant de visualiser précisément la rupture du LCA (ligament croisé antérieur) et d’identifier d’éventuelles lésions associées :
- Ligaments latéraux internes ou externes,
- Lésions des ménisques (internes/externes),
- Lésions osseuses.
D’autres examens d’imagerie peuvent permettre d’écarter d’autres blessures proches comme l’entorse ou la rupture du ménisque.
Quels traitements pour une rupture ? À chacun sa route…
Le protocole dépend avant tout du patient et de la gravité. Premier réflexe : traiter la douleur. Le spécialiste recommande :
- Poche de glace,
- Repos avec attelle si la mobilisation fait mal,
- Cannes anglaises en cas de douleur à la marche,
- Surélever la jambe pour diminuer le gonflement.
Des séances de kinésithérapie sont souvent prescrites pour réduire l’œdème et la douleur. Mais alors, chirurgie ou pas chirurgie ? L’intervention de réparation du ligament est suggérée pour :
- Les patients jeunes,
- Ceux dont l’activité professionnelle est physique,
- Les sportifs de haut niveau.
Sinon, la vie peut continuer sans ligament croisé, à condition de laisser de côté les sports dits « pivots » (tennis, ski, basket…). La marche est reprise rapidement après l’atténuation de la douleur, même si la plupart des personnes ne pourront pas marcher pendant quelques jours à cause de la douleur et de l’œdème. Il est important de noter : un ligament rompu ne se répare jamais spontanément.
Convalescence, reprise du sport et du volant
La patience sera votre meilleure alliée après une chirurgie. Comptez de six à douze mois avant de retrouver la compétition. La reprise sportive se fait progressivement :
- Après trois mois : natation, vélo, jogging autorisés selon l’avis du kiné,
- À la fin du quatrième mois : retour possible aux sports à pivot (suivant l’évolution post-opératoire).
Côté conduite, bonne nouvelle : conduire reste possible même sans opération. Après chirurgie, mieux vaut attendre un à un mois et demi, le temps de plier le genou à 90 degrés et de retrouver la force musculaire adéquate.
Prendre soin de ses ligaments, c’est donc aussi accepter, parfois, de lever le pied ! Et si cela vous arrive, gardez le moral : le genou a de la ressource et le corps médical ne manque pas d’outils pour remettre tout le monde sur pied… ou sur la piste de danse, pour les plus audacieux !













