Au sommet d’une crête ou à l’abri d’un sapin : avez-vous déjà pensé que votre meilleur gilet de sauvetage, en montagne, c’était… vous-même (et vos amis, si possible) ? Quand tout s’effondre, chaque minute compte, littéralement… et vous voilà propulsé en héros potentiel. Voici les clefs concrètes pour survivre (ou faire survivre) sous une avalanche, chrono en main.

Un contexte qui glisse, des risques qui grimpent

La montagne, ce n’est plus ce qu’elle était. “Un jour c’est stable, puis le lendemain, ça l’est moins”, confie Quentin Netillard, spécialiste du hors-piste et du ski de randonnée. Perturbations météo, vent indiscipliné : la stabilité des pentes, jadis rassurante, vacille aujourd’hui sans prévenir. Résultat ? Les situations à risque se multiplient. Et pas question de foncer tête baissée dans la poudreuse sans adaptation… ni préparation.

Savoir éviter une avalanche, c’est LE premier enseignement des Safety Shred Days, événement lancé par Victor Daviet, snowboarder professionnel, qui forme novices et pros, petits et grands. Le truc ? Comprendre la neige elle-même !

L’étude du manteau neigeux à un endroit donné, autrement dit la nivologie, est primordiale pour évaluer le danger. Une plaque à risque se forme avec, d’un côté, une couche très fragile, surmontée d’une neige plus dense et compacte – cocktail parfait : un skieur appuie un peu, la couche fragile cède, la rupture s’étend, la résistance disparaît. Sur une pente de 30 degrés ou plus ? Bingo, l’avalanche se déclenche.

17 minutes, pas plus : l’urgence du secours immédiat

Le saviez-vous ? En haute montagne, les secours mettent en moyenne 40 minutes à arriver après une avalanche. Or, 17 minutes seulement suffisent pour que la victime ensevelie meure asphyxiée. Autant dire que c’est vous, sur place, qui détenez la clé de sa survie !

Première étape, lancez l’alerte : appelez le 112 pour prévenir l’arrivée d’un hélicoptère, ou signalez-vous aux pisteurs si vous êtes encore sur le domaine skiable. Restez en ligne jusqu’à l’arrivée des secours ! Si vous êtes plusieurs, répartissez-vous les tâches : pendant qu’un appelle, un autre active son DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) pour rechercher la victime, le troisième dégaine la sonde, la pelle et le kit de premiers secours. La synergie, c’est la vie !

Le secourisme sous pression : technique et énergie

Trouver la victime, c’est bien. La dégager, c’est… essoufflant ! Dès qu’une sonde a donné un signal positif, placez-vous à un mètre en aval de la sonde (direction descente, donc), et commencez à creuser. Petit conseil d’Alizée Visconti, accompagnatrice en montagne : “évacuez la neige vers l’arrière, dans le sens de la pente”. Si vous la poussez vers le haut, elle risque de retomber pile là où vous venez de créer un passage. Frustrant, n’est-ce pas ?

  • Face à un bloc de glace rebelle ? Placez-vous dans le sens de la pente, plantez votre pelle et mettez-y un bon coup de pied pour en venir à bout.
  • En équipe, positionnez-vous en quinconce : le premier creuse près de la victime, le second évacue la neige du premier, et ainsi de suite pour former un plateau (et non un simple trou).
  • Préférez une excavation en forme de V pointe vers la victime, pas une forme en U : si la sonde a touché la jambe et non la tête, il sera plus simple d’ajuster votre fouille.
  • Pensez au relais ! Le pelletage, c’est l’étape la plus longue et la plus dure. Passez le relai dès les premiers signes d’épuisement, même si c’est toutes les 30 secondes. L’important ? Garder le rythme !

Après la neige : premiers gestes vitaux et signaux de détresse

Une fois la victime accessible, priorité à ses urgences vitales :

  • Asphyxie (manque d’oxygène sous la neige),
  • Noyade (neige inhalée),
  • Traumatismes causés par les obstacles ou la pression du manteau neigeux.

La neige, paradoxalement, révèle vite une hémorragie visible. Si c’est le cas, stoppez-la avec ce que vous avez à disposition – d’où l’importance du kit de premiers secours !

Assurez-vous que la victime respire : si elle est consciente, surveillez l’hypothermie en attendant les secours. Si elle ne respire pas, débutez un massage cardiaque tout en détaillant chaque geste aux secours.

Quand l’hélicoptère arrive ? Signalez, bras en Y dressé, que c’est vous qu’il faut sauver. A contrario, pour indiquer que tout va (à peu près) bien, formez une diagonale avec les bras (l’un en haut, l’autre en bas).

Enfin, répétez, répétez, répétez ! La pratique sauve des secondes précieuses, parfois vitales. En montagne, on n’est jamais trop prêt, et on n’a jamais trop d’amis pour pelleter. Bon ride, et prudence : la meilleure survie, c’est aussi celle qu’on évite d’avoir à prouver…

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