-15°C la nuit : comment les camping-caristes survivent vraiment l’hiver en montagne
Qui n’a jamais levé un sourcil d’admiration, ou peut-être d’inquiétude, devant ces alignements de camping-cars et de fourgons installés fièrement au pied des pistes, alors que le mercure semble décidé à descendre en exploration sous le zéro ? La question taraude de nombreux vacanciers : mais comment font-ils pour survivre, nuit après nuit, avec le thermomètre parfois figé à -15°C ? Petit tour d’horizon (et sous les couettes) des secrets de ces irréductibles du camping d’hiver.
Un mode de vie qui ne craint pas le gel… avec quelques précautions
Contrairement aux idées reçues, beaucoup d’adeptes de la maison roulante n’hésitent pas une seconde à partir à l’assaut des massifs enneigés en plein hiver. Certains jurent même que leur camping-car « préfère » tourner et vivre par grand froid, plutôt que de s’ennuyer sur une aire de stationnement jusqu’au printemps. Mais attention, on ne s’improvise pas héros du grand froid sans une bonne dose d’anticipation ! Avant le départ, c’est vérification générale : le véhicule est-il bien équipé pour la saison ? Isolation renforcée, équipements adaptés… rien n’est laissé au hasard.
Bouclier thermique et chaleur sur roulettes
Les modèles récents de camping-cars et fourgons aménagés sont en général bien isolés. Les parois tiennent le choc contre les assauts polaires. Mais il y a des failles : portes, surfaces vitrées, cabine avant, arrière sur les fourgons… C’est par là que le froid s’engouffre sournoisement ! Heureusement, il existe des solutions :
- Des couvertures matelassées à fixer sur les vitres
- Des rideaux occultants et thermiques
Rien de trop pour garder la chaleur — et, avouons-le, un peu d’intimité au passage.
L’isolation, c’est bien. Mais sans chauffage, adieu soirées douillettes ! Les possibilités sont vastes : chauffage au gaz, au gazole, et même (pour les âmes romantiques prêtes à trimbaler quelques bûches) un poêle à bois installé maison — à condition, tout de même, d’avoir prévu la cheminée extérieure. La star reste le chauffage au gaz. Seul bémol : le poids considérable des bouteilles, surtout si l’on veut passer une semaine au pays des flocons. Mieux vaut donc emporter deux grosses bonbonnes. Et pour éviter toute mauvaise surprise, la plupart des camping-caristes laissent le chauffage allumé en permanence, même quand ils partent skier, histoire de garantir une température positive… et d’éviter la métamorphose des réserves d’eau en glaçons !
Astuces pour éviter la galère… et rester bien au sec
Si votre camping-car dispose d’un double plancher isolant, c’est la classe à Dallas : les réservoirs d’eau y sont bien protégés du froid. Sinon, il faudra s’organiser :
- Stationner près d’un point de ravitaillement en gaz
- S’installer dans un caravaneige (aire de camping ouverte en hiver)
Le caravaneige, c’est un peu l’hôtel trois étoiles version camping-cariste : prises électriques pour brancher des chauffages d’appoint, sanitaires et locaux pour sécher son équipement de ski… tout y est prévu pour ne pas passer la semaine à grelotter ou à patauger dans des chaussettes humides. Une bénédiction !
Pour affronter la route : chaînes, motricité… et châssis de compétition !
Encore faut-il pouvoir hisser son « paquebot des routes » jusqu’à la station ! Pour cela, impossible de faire l’impasse sur :
- Les chaînes ou chaussettes à neige (loi montagne oblige, la sérénité aussi !)
- Des pneus hiver (et ce n’est jamais du luxe…)
Le poids des engins – 3,5 tonnes en moyenne ! – peut parfois donner des sueurs froides au volant, surtout sur la neige. Ça glisse, ça manque d’adhérence… et le vent s’invite aussi dans la danse, surtout avec ces habitacles hauts jusqu’à 3 mètres. L’astuce maligne : choisir un modèle équipé d’un châssis AL-KO. Non seulement il offre un double plancher isolant, mais il abaisse aussi le centre de gravité et améliore nettement la tenue de route grâce à ses suspensions spécifiques. Bon, cela a un coût : il faut compter 5000 euros de plus, ce qui n’est pas rien pour une aventure glacée – mais le confort a parfois un prix !
En résumé : la vanlife en hiver, ce n’est pas pour les pingouins… mais presque ! Avec un bon équipement, un soupçon de prévoyance et quelques astuces de pros, on peut déguster la magie de la montagne sans perdre un orteil dans la bataille. Alors, à vos couvertures, bouteilles de gaz… et bon courage pour faire chauffer la raclette !













