Première randonnée en vue ? On s’imagine déjà gambader comme Heidi sur la montagne, mais gare aux chausse-trappes du débutant : entre météo capricieuse et ampoules traîtresses, une belle sortie peut vite se transformer en expédition mémorable… pour de mauvaises raisons. Suivez le guide : les conseils d’expert pour éviter les erreurs fatales et savourer pleinement cette première aventure, plutôt que de finir avec le moral (et les pieds) en compote.
Bien se connaître et choisir le bon terrain de jeu
- « Mieux vaut prévenir que guérir » : Philippe Poirier, cadre technique à la Fédération française de randonnée, le martèle. Méconnaissance du terrain et matériel inadapté, voilà les redoutables pièges des néophytes.
- Connaître sa forme physique est la première étape : inutile de viser une boucle de 20 km si votre sport quotidien se limite au sprint pour attraper le bus. Le but n’est pas d’établir un record du monde, mais de passer un bon moment – surtout si vous embarquez des enfants qu’il vaut mieux convaincre que doucher à vie de l’idée de marcher dans la nature.
- Identifiez vos envies et capacités (forêt, plaine, montagnes…), puis choisissez un itinéraire en conséquence. Topoguide, site mongr.fr, Fédération française de randonnée ou office du tourisme sont vos alliés : ils proposent des parcours balisés, sûrs et conçus pour durer.
Préparer l’itinéraire et l’essentiel du sac
- La préparation, c’est la clé. Examinez la longueur de la balade : un marcheur couvre environ 4 km/h. Renseignez-vous sur la présence de points d’eau et commerces en route, et bien sûr, sur la pluie ou les coups de soleil annoncés (spoiler : la météo ne négocie jamais).
- Pour le pied, adoptez le strict minimum : baskets classiques seulement sur chemin plat et facile, mais pour le moindre sentier digne de ce nom, optez pour de vraies chaussures de randonnée. Imperméables si possible ! Ajoutez des bâtons ultra légers pour les pentes (et, témoignage musclé, pour décourager les chiens un peu trop curieux).
- Habillez-vous en mode oignon : une première couche respirante contre la peau, une couche chaude type polaire, puis une couche imperméable à enfiler/retirer à loisir. Astuce : un foulard – aussi polyvalent qu’inexplicable, tant il sert à tout… et à rien.
L’indispensable sac du randonneur (malin)
- Sac à dos léger et confortable, mais avec tout ce qu’il faut à portée de main : sur-sac de protection, voire un petit sac poubelle à l’intérieur pour la pluie et les déchets (l’environnement vous dira merci).
- La trousse de secours n’est pas négociable ! Mettez-y : pansements, compresses, désinfectant, pince à épiler, ciseaux, couverture de survie, crème solaire, vos médicaments, et spécial anti-ampoules.
- Complétez avec : une carte IGN Top25 pour ne pas confondre bosquet et ravin, un topoguide, téléphone entièrement chargé (avec deux batteries de secours si vous craignez la panne), numéros d’urgence, lunettes de soleil et chapeau selon la saison, au moins 2L d’eau pour une journée, en-cas (fruits secs, barres céréales), et n’oubliez pas de limer vos ongles avant le départ !
Le jour J : adapter, anticiper et partager
- Excitation ? Oui, mais un dernier check météo avant d’enfiler les lacets. Un orage à l’horizon ? On reporte en adulte raisonnable. Responsable, surtout en groupe.
- Prévenez un proche de votre itinéraire et de la durée prévue. Vérifiez la charge du téléphone. Sur place, chacun veille sur l’énergie collective : on adapte, on fait des pauses, on rebrousse chemin si nécessaire (“Il y a toujours des imprévus”, dixit Philippe Poirier).
- Respectez la nature, ramenez vos déchets, et pensez à surveiller l’état de forme de votre troupe. Oui, même tonton qui fait le malin en tête de file !
Conclusion : mieux vaut une première expérience douce et bien encadrée qu’une épopée épique… dont on ne veut plus jamais entendre parler. La randonnée peut vite devenir un plaisir simple, populaire, et accessible à tous… à condition de ne jamais oublier : préparation, équipement, humilité, et… chaussettes sèches !













