Vous en rêviez : passer votre journée en mode “statue de la Liberté” plutôt qu’affalé(e) sur votre chaise de bureau. Hélas, la révolution du bureau debout, est-ce vraiment la solution miracle ou juste un mythe moderne pour se sentir actif derrière ses e-mails ? Place aux faits, aux nuances… et aux conseils pour préserver votre santé sans quitter votre clavier des mains.
Sédentarité au bureau : un (vrai) fléau silencieux
Vous faites partie de ces héros du quotidien qui épluchent rapports et tableurs du matin au soir, vissé(e) sur leur chaise (et souvent dans les transports avant et après) ? À long terme, ce marathon statique n’est pas anodin. La sédentarité au travail, c’est l’art de rester assis(e) – presque immobile – pendant des périodes interminables. Malheureusement, cela favorise :
- L’augmentation de la pression artérielle
- L’encrassement des organes
- La prise de poids
- Les troubles musculo-squelettiques (TMS)
- Le risque de maladies cardiovasculaires (vos vaisseaux s’ennuient, ils perdent leur capacité à se dilater et oxygéner correctement)
- Un risque accru de diabète de type 2, de surpoids, voire d’obésité
Cerise sur le gâteau, le manque de déplacement sape aussi votre santé mentale, privant le cerveau d’un effet anti-stress naturel lié à l’activité physique régulière. Parmi les plus sédentaires ? Juristes, chauffeurs, chargés(e)s de clientèle, assistants et, sans mauvais jeu de mots, nombre de professionnel(le)s de santé… Un comble !
Assis : c’est confortable… mais à quel prix ?
Philippe Zawieja, psychosociologue, tempère cependant : “travailler assis(e) peut être une exigence de certaines professions avec, il est vrai, quelques avantages.” Une bonne chaise ergonomique et un repose-pied soulagent, aident à garder une posture convenable, et favorisent la concentration lors des tâches qui réclament stabilité et focus. Mais patatras ! Même bien équipé(e), la position assise prolongée accentue les risques : TMS, maladies cardiovasculaires, troubles circulatoires, douleurs chroniques…
Le diable se niche dans les détails : la hauteur de la chaise, même décalée de quelques centimètres, peut déclencher des douleurs persistantes. Pas de solution miracle, donc, sinon adopter une bonne posture, et surtout… bouger ! Multipliez les pauses, étirez-vous, profitez du moindre prétexte pour vous lever : aller à la photocopieuse, jeter un papier, improviser un exercice rapido entre deux réunions !
Debout, c’est mieux ? Oui… mais pas tout le temps !
Face à la dictature de la chaise, le bureau debout fait rêver : plus de mouvement, meilleure circulation sanguine, muscles (fessiers, lombaires, thoraciques, cervicaux) sollicités, énergie et vigilance revigorées. Oui, travailler debout peut nous rendre plus productifs en boostant notre niveau de vigilance. Toutefois, rien n’est tout blanc ou tout noir : rester debout toute la journée fatigue aussi. Les jambes, les pieds (adieu stilettos !), le bas du dos trinquent si l’on campe sur ses appuis, en reportant (malheureusement) tout le poids du corps sur une jambe, ce qui entraîne à la longue tensions et contractures.
Philippe Zawieja recommande :
- Porter des chaussures confortables
- Utiliser un tapis anti-fatigue
- Prendre régulièrement des pauses… pour s’asseoir !
Côté poids ? Ne rêvons pas d’une fonte miraculeuse : travailler debout brûle à peine 0,15 calorie de plus par minute que la position assise, soit à peine 54 calories sur 6 h (une petite orange ou cinq chips pour les gourmands). Mais bonne nouvelle : cette sollicitation musculaire serait aussi associée à une réduction du risque d’infarctus, d’AVC et de diabète, selon le Pr Francisco Lopez-Jiminez.
Alternance et bon sens : la vraie recette
Alors, faut-il reléguer la chaise au musée ? Pas si vite : les deux postures ont leurs hauts et leurs bas, et on n’a pas toujours le choix selon son métier. L’idéal ? Alterner entre les deux tout au long de la journée. Vous pouvez aussi essayer la position « assis-surélevé » sur un tabouret haut, ou opter pour un siège-ballon pour activer l’équilibre ; des bureaux à hauteur variable existent d’ailleurs pour varier les plaisirs et éviter la monotonie posturale.
Pensez à régler précisément la hauteur du bureau (avant-bras à l’aise, angle de 90°), veillez à avoir les épaules détendues, les poignets neutres, et appuyez-vous des deux pieds. Et surtout : écoutez votre corps, changez régulièrement de position, ne laissez pas votre poste devenir votre prison ! En cas de douleurs fréquentes, sollicitez médecin du travail ou ergonome pour des conseils sur mesure.
Attention, dernièrement, certains dispositifs “bien-être” au bureau servent parfois à camoufler de vrais sujets comme la qualité du management. Même avec un bureau assis-debout, il faut des sièges, repose-pieds et accessoires ergonomiques adaptés. Vos lombaires vous en remercieront !
Résumons : pour une santé durable au travail, mixez judicieusement assis, debout et mouvements. Ne lâchez jamais votre dose quotidienne de pauses et de bons réglages : votre corps est votre meilleur allié, n’en faites pas un otage des dossiers !













