Un drame a bouleversé la station de Flaine ce week-end, rappelant cruellement que la montagne, pourtant synonyme de grand air et d’aventure, peut aussi être le théâtre d’accidents tragiques. Dans cette affaire, une fillette de 5 ans a perdu la vie, percutée par un skieur dont la vitesse est pointée du doigt par la justice. Retour sur une journée noire qui a endeuillé la vallée…
Un choc violent sur les pistes de Flaine
Tout commence un samedi à la station de Flaine, en Haute-Savoie. Au cœur de la saison hivernale, alors que la neige ravit petits et grands, le drame frappe sans prévenir. Ophélie, une fillette de 5 ans, participe à un cours de ski de l’ESF. Autour d’elle, sûrement des rires, l’émulation des premiers virages et ce sentiment exaltant des débuts sur les skis.
Mais le temps d’un court instant, la destinée bascule. Un homme d’une quarantaine d’années — skieur régulier, originaire de la région — percute violemment l’enfant. Le choc est tel que les premiers éléments de l’autopsie, réalisée dans la matinée suivante, parleront d’une violence extrême. Les secours, mobilisés immédiatement, tentent de ranimer Ophélie, mais à leur arrivée, elle se trouve déjà en arrêt cardio-respiratoire.
Malgré tous les efforts possibles — et il n’en manquera pas, y compris le transport en hélicoptère — la fillette est déclarée décédée pendant l’évacuation. Une tragédie qui glace le sang et laisse toute une station sous le choc.
L’enquête judiciaire s’accélère : vitesse excessive en cause
Dès l’accident, le skieur impliqué, encore sous le coup de l’émotion, reconnait sans détour avoir percuté la fillette. Placé en garde à vue, l’homme a été rapidement mis en examen pour « homicide involontaire » le lundi 17 janvier, après qu’une information judiciaire a été ouverte. À la demande de la procureure de Bonneville, Karline Bouisset, il a également été placé sous contrôle judiciaire, une décision entérinée dans l’après-midi par le juge d’instruction.
La justice retient comme élément central la “vitesse excessive” du skieur au moment des faits. Un facteur qui, selon la procureure, est au cœur de ce malheureux enchaînement. Rappelons que le mis en cause, connaisseur de la station et habitué de la glisse, s’est montré réactif : il a prodigué les premiers secours à Ophélie immédiatement après l’impact. N’empêche, tout, comme l’a sobrement résumé le directeur de l’ESF, Christophe Baujon, « c’est un drame, tout comme les accidents de la route. Des excès de vitesse, il y en aura toujours. »
- Mise en examen pour homicide involontaire
- Placement sous contrôle judiciaire
- Ouverture d’une enquête confiée à la brigade de recherches de Bonneville
- Principale cause retenue : la vitesse excessive
Une vague d’émotion dans la station et au-delà
L’accident a ému bien au-delà des pistes. Les parents d’Ophélie, Britanniques résidant en Suisse, séjournaient quelques jours à Flaine pour simplement profiter d’une parenthèse familiale à la montagne. Sur place, l’émotion est palpable. L’École de Ski Français a rapidement exprimé son soutien aux proches de la petite victime et à la monitrice du groupe, elle aussi très affectée par le drame.
« Toutes nos pensées à la petite Ophélie, à ses parents et sa sœur, ainsi qu’à notre monitrice pour ces moments difficiles », a partagé l’ESF Flaine sur les réseaux sociaux.
La douleur est d’autant plus vive que plusieurs témoins ont assisté à la scène, et que la solidarité joue à plein : chacun tente de trouver les mots pour réconforter, même si face à l’injustice de la fatalité, ils manquent souvent.
Une procédure rigoureuse, une nécessaire prudence sur les pistes
Le dossier est désormais entre les mains du juge d’instruction, qui attendra les résultats complets des expertises pour préciser les causes de la mort et les responsabilités exactes. Le skieur mis en cause, toujours en état de choc, encourt jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, au regard de la qualification retenue.
Les gendarmes de Bonneville poursuivent leur enquête, multipliant les auditions pour comprendre ce qui a réellement conduit à cette collision terrible. Une chose ressort néanmoins : la montagne impose sa discipline, et un excès de vitesse, même pour un skieur aguerri, peut s’avérer dramatique.
En attendant le dénouement judiciaire, restons sur ce message : la prudence n’est jamais un luxe, et le respect des règles sur les pistes peut, parfois, sauver des vies. Même si la montagne nous offre de grands frissons, savoir ralentir ou adapter sa descente, c’est aussi faire preuve de sens du partage. Et d’humanité.













