Vous pensiez qu’on vieillissait comme on grignote une tablette de chocolat : doucement mais sûrement, au fil du temps ? C’est raté ! La science vient bousculer cette idée reçue avec un scoop qui en fera tiquer plus d’un devant son miroir : il existerait deux âges où notre corps prend un véritable coup de vieux. Et pas n’importe quand ! Prêts pour le grand plongeon dans les âges charnières du vieillissement ?

le vieillissement : deux caps, deux secousses

L’idée que plus on vieillit, plus le risque de maladies augmente, est bien ancrée. Pourtant, une récente étude de l’Université de Stanford (Californie), publiée le 14 août dans la revue Nature Aging et repérée par Le Figaro, souffle un vent nouveau : non, le processus de vieillissement n’est pas une longue pente douce, mais plutôt… une route bosselée, avec deux fameux dos d’âne vers 44 ans et 60 ans. Ces âges seraient de véritables tournants où notre organisme subit un pic de vieillissement.

Pour arriver à cette révélation, une équipe de chercheurs américains et singapouriens a joué des aiguilles et des bocaux en recueillant sang, selles ou encore des échantillons de bactéries sur la peau, la bouche et le nez de 108 volontaires californiens âgés de 25 à 75 ans.

une enquête moléculaire rarement poussée aussi loin

Ce qui frappe dans cette étude, c’est son exhaustivité. Étienne Patin, expert en épidémiologie génétique à l’Institut Pasteur, ne cache pas son enthousiasme : « Jamais une approche si exhaustive n’avait été réalisée dans le domaine du vieillissement, ce qui est la grande force de cette étude ».

Voici ce qui est ressorti de cette plongée dans notre intimité biologique : seule une infime portion de molécules (6,6 %) change de manière linéaire au fil de l’âge. En clair, la vaste majorité (81 %) évolue par à-coups, à des stades précis de la vie. Et devinez quand tombent les plus gros bouleversements ? Autour de 44 ans et de 60 ans. Merci de faire une croix dans votre agenda !

  • À la quarantaine, les cellules des muscles et de la peau accusent le coup : elles mettent plus longtemps à récupérer ou à se régénérer. Bonjour rides, cheveux grisonnants et petite fatigue.
  • La capacité à métaboliser lipides et alcool baisse aussi – la fête se fait donc plus courte…
  • Le risque de diabète de type 2 grimpe, car nos cellules peinent à gérer les glucides, note Éric Gilson de la faculté de médecine de Nice.

Passée la soixantaine, rebelote ! Cette fois-ci, c’est le club des pathologies sérieuses qui s’invite à la fête : la proportion de cancers augmente, conséquence d’une efficacité immunitaire en berne. En somme, après 60 ans, notre système de défense, déjà un peu fatigué, peine à nous protéger efficacement.

une histoire d’évolution… et de mode de vie

Pourquoi de tels caps ? Ici, la parole à la science (et à la génétique) : avant le XIXe siècle, l’espérance de vie moyenne oscillait entre 40 et 50 ans. De quoi, d’après la sélection naturelle, laisser peu de chances à nos gènes de « penser » la longévité au-delà de cet âge. Aujourd’hui, grâce aux progrès médicaux, sociaux et technologiques, on file bien plus loin, mais notre biologie, elle, n’a pas encore eu le temps de s’adapter à cette extension express de notre durée de vie.

À ces facteurs s’ajoutent nos modes de vie : le stress environnemental, les agressions du quotidien, la pollution (ça, on s’en serait bien passé) – bref, tout ce qui ébranle, petit à petit, notre organisme.

un tableau à nuancer : prudence sur les conclusions

Certes, l’étude brave le sujet à bras-le-corps, mais il faut garder la tête froide. Les auteurs eux-mêmes reconnaissent quelques limites :

  • La cohorte reste modeste (108 participants seulement), un peu limite pour tirer des lois universelles.
  • Les participants, tous voisins de l’université de Stanford, affichaient des revenus moyens à élevés – difficile donc de généraliser à l’ensemble de la population mondiale.
  • Étienne Pantin, un autre chercheur de l’Institut Pasteur, regrette le manque de représentativité et souligne qu’il faudra des cohortes plus larges pour mieux saisir toute la complexité du vieillissement.

Les scientifiques appellent eux-mêmes à la prudence : des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider et élargir ces résultats.

En attendant, retenir ces deux âges clés peut être l’occasion de faire un bilan bienveillant et, pourquoi pas, d’ajuster son mode de vie pour mettre tous les atouts de son côté. Si la route du vieillissement est pleine de surprises, il n’est jamais trop tard pour lever le pied… ou l’haltère !

Vous aimerez aussi dans « Dernière minute »

Laisser un commentaire