« Je n’aurais jamais cru vivre ça » : au soleil de la Côte d’Azur, deux anciens Gee-Gees écrivent un chapitre inattendu de leur parcours, crosse à la main et cœur léger. Entre souvenirs de championnat au Canada et adaptation au hockey version Riviera, Charles-Antoine Roy et Mathieu Desgagnés vivent une aventure que leur plan de carrière n’avait pas forcément prévue… mais qu’ils savourent pleinement !

Du rêve universitaire au défi professionnel : direction la France !

Quelques mois seulement après avoir goûté à l’euphorie d’un improbable sacre canadien avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa (oui, ces fameux champions classés derniers qui renaissent en play-offs…), Charles-Antoine Roy et Mathieu Desgagnés ont eu l’opportunité, la vraie, de démarrer leur carrière professionnelle en duo chez les Aigles de Nice. L’histoire commence avec Roy, originaire de Gatineau, qui s’entend d’abord avec la formation niçoise. Son ami Desgagnés, d’abord recruté par les Rapaces de Gap, finit par le rejoindre après quelques mois tumultueux :

  • Adaptation difficile à Gap, entre nouvelle équipe et nouveau pays.
  • Confiance ébranlée côté hockey, malgré de beaux souvenirs universitaires : 82 points chez les Gee-Gees, tout de même !

Quand Roy a appris que Desgagnés était libre comme l’air, il n’a pas traîné : « J’ai été voir le coach en disant : ‘s’il-vous-plaît, amène-le ici !’ » Résultat ? Mathieu, déjà convaincu, a débarqué à Nice à la vitesse grand V. Aujourd’hui, Roy porte même le titre honorifique d’assistant au capitaine.

Adaptation express et bromance niçoise

Et nos Québécois ne sont pas seuls : avec eux, d’autres compatriotes composent l’alignement des Aigles, comme le gardien Alexis Shank et le défenseur Samuel Régis. Rapidement, Roy et Desgagnés sont tombés sous le charme de Nice – sans trop de difficulté, avouons-le. Leur bonheur saute aux yeux, tout comme le plaisir de profiter du sud avec leurs proches : une escapade à Monaco a même été organisée en famille pour pimenter le séjour.

S’ils savourent leur quotidien, ils préfèrent toutefois rester prudents sur la durée de l’expérience européenne. Le hockey les passionne, mais une carrière les attend au pays le jour venu. D’ailleurs, Desgagnés confie : « Je voulais avoir mon bac [en finance] avant de venir en Europe. Je pense que Charles-Antoine [diplômé en génie mécanique] et moi allons y aller une année à la fois. »

Ligue Magnus : entre palet, crosse et nouveaux repères

Sur la glace, le duo doit composer avec un hockey version hexagonale. Ici, on parle de palet et de crosse (adieu « rondelle » et « bâton » !) et la patinoire, plus grande, impose un style de jeu différent :

  • Moins de charges violentes qu’au niveau universitaire.
  • Plus de temps pour élaborer des actions individuelles.

Desgagnés, crédité de cinq buts à ses neuf premiers matchs, le confirme : « C’est vraiment différent du niveau universitaire, où tu te fais frapper souvent. En Europe, la patinoire est plus grande. T’as beaucoup plus de temps pour faire des jeux individuels. » Roy, onze points à son compteur sur la même période, partage cette analyse : « U Sports, c’était intense et physique. Ici, on mise sur les habiletés individuelles. »

Moment fort de leur jeune carrière française : un affrontement contre Gap, leur ancienne équipe, où évoluait alors Anthony Poulin, ex-capitaine des Gee-Gees. Ce match, particulier à plus d’un titre, a servi de cadre à une photo désormais précieuse : « Quand je serai plus vieux, cette photo sera assurément dans mon bureau. C’est un très beau souvenir », raconte Roy. Poulin, lui, a depuis quitté la France pour accompagner sa conjointe enceinte au Québec, fermant ainsi une parenthèse française marquante pour le trio.

Le miracle des Gee-Gees, carburant pour la suite

Difficile d’oublier, pour Roy et Desgagnés, le printemps triomphal à Ottawa. Les Gee-Gees, derniers qualifiés du tableau, ont défié tous les pronostics pour remporter la Coupe universitaire grâce à trois victoires en autant de jours. « Quand j’y repense, c’est dur de croire qu’on a vraiment fait ça, lâche Desgagnés. On savait qu’on pouvait le faire, mais l’accomplir ensemble, c’était incroyable. Ces gars-là, joueurs et staff, c’est une famille pour la vie. »

Roy, avec la loyauté d’un coéquipier désormais globe-trotter, abonde : « Ce fut un long processus, plein de hauts et de bas, mais pour vivre ces émotions-là, ça valait la peine ! C’est de loin la plus belle semaine de ma vie. »

En résumé : entre souvenirs de vestiaire et nouveaux horizons, l’aventure niçoise des deux Québécois prend un goût d’inédit, d’imprévu… et de dolce vita à la sauce hockey. La suite ? Chaque saison l’écrira, une passe à la fois.

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