L’ultra-trail n’attend pas le nombre des années, et Patrick Martin en est la preuve vivante et bondissante ! À 73 ans, ce Parisien, ancien chirurgien à la retraite, collectionne les dossards et les kilomètres avec l’enthousiasme d’un rookie, bien décidé à prouver que le sport, c’est vraiment comme la musique : on peut s’y mettre à tout moment, sans fausse note… ou presque !
Patrick Martin, ou la passion tardive mais dévorante
Patrick Martin n’a pas toujours été un féru de sport. Pendant sa longue carrière de chirurgien à Paris, le sport ne faisait clairement pas partie du quotidien. Petite exception, certes : la navigation de plaisance et la randonnée, mais “très rarement”, avoue-t-il lui-même. À vrai dire, c’est à la retraite, il y a une dizaine d’années, qu’il a chaussé ses baskets pour de bon, sans préméditation… ni plan de carrière olympique.
Il se définit d’ailleurs comme un “dilettante du sport”, particulièrement honnête sur son rythme : “tout l’hiver, de novembre à février, je ne fais rien”. Voilà qui a de quoi rassurer les sportifs du dimanche et autres amoureux du canapé !
Quand la course à pied devient une drogue (presque) douce
C’est en épaulant un ami malade que Patrick Martin découvre la course à pied. L’histoire aurait pu s’arrêter à quelques foulées solidaires, mais, attention, twist ! Après quelques entraînements, le voilà embarqué – un peu contre son gré – dans une course de 80 km. L’épreuve n’est pas franchement une sinécure, au point qu’il jure qu’on ne l’y reprendra plus. Et pourtant, à peine la ligne d’arrivée (ou d’abandon ?) passée, la contre-attaque mentale s’opère : il se surprend à demander à ses amis, “C’est quoi la prochaine course ?”
Ce déclic, il le résume d’une façon radieuse : “Je ne sais pas ce que ça m’avait fait. C’était comme une drogue intraveineuse. Et depuis, je n’ai pas arrêté.”
Courir longtemps, sans jamais viser la ligne d’arrivée
Aujourd’hui, Patrick Martin s’aligne sur trois à quatre courses par an, principalement des ultra-trails, ces longues cavalcades où la sueur côtoie le dépassement de soi. Mais il a une philosophie à contre-courant : lui, il savoure la durée, l’effort, ce sentiment de se retrouver dans une “bulle qui n’a pas de fin”, loin d’être obnubilé par la médaille ou la photo-finish.
Lucide, il sait qu’il franchira “presque jamais la ligne d’arrivée à cause du temps réglementaire”. Et il le revendique : “Ça ne m’intéresse pas de faire une course où je suis sûr de terminer”. Ce qu’il aime aussi, il l’avoue avec humour, ce sont les encouragements du public, “à cause de [ses] cheveux blancs”. Finalement, la vraie victoire, c’est peut-être celle-là !
Un entraînement sur-mesure… et un agenda bien rempli
Une telle régularité, à son âge, impose une organisation quasi-militaire… ou presque. Patrick Martin a mis en place un planning annuel :
- Au cours des quatre à six semaines qui précèdent une course, il va courir dans un stade pendant une heure, deux à trois fois par semaine ;
- Puis, place à l’exercice-clé de son entraînement : monter les marches de Montmartre. “Ça paraît ridicule, mais quand on fait du dénivelé c’est salutaire”, affirme-t-il, preuves à l’appui !
Malgré la crise sanitaire, l’année 2021 s’annonce animée pour Patrick Martin. Parmi ses objectifs :
- L’ultra-trail du Mont-Blanc, programmé du 23 au 29 août ;
- Le marathon de New York, pour lequel il a eu la chance d’être tiré au sort en 2020 ;
- Et son rêve ultime : participer à la Diagonale des fous sur l’île de la Réunion en octobre.
Ce programme donne soif… et espoir !
Conclusion : oubliez les préjugés sur l’âge et le sport ! Patrick Martin, à 73 ans, prouve qu’il n’est jamais trop tard pour devenir accro aux grands défis. Sa recette ? Un brin de folie, une organisation en béton, et l’envie de dépasser ses propres limites, sans se soucier du classement. Alors, si vous hésitiez à vous inscrire à votre première course, souvenez-vous : “le sport, c’est comme la musique, tu peux commencer à n’importe quel âge”. À bon entendeur, sportifs en herbe ou coureurs de canapé !













