800€ le magnum de champagne à la montagne : les folies inattendues du ski entre alcool et sports d’hiver

Reposer… au ski ? Oxymore ou pure utopie ? Tout a commencé avec une invitation d’un pote riche (oui, le genre de gars qui laisse tomber les accords du Bescherelle pour se concentrer sur le patrimoine foncier) : repos dans son appart à Val Thorens. Immédiatement, gros doute. Le repos et la montagne blanche, vraiment faits pour s’entendre ?

Sports d’hiver : le rêve glacé qui vire au sport extrême

Autant le dire tout de suite, le sport, ce n’est pas mon fort. Ni en hiver, ni en été. Pour moi, les raquettes, c’est déjà extrême. La dernière fois qu’on m’a proposé une sortie raquettes, j’ai accepté uniquement parce qu’entre mon bonnet et mon cache-oreille Hello Kitty prêtés par Sylvie (la copine de la Gym de ma mère), je n’entendais rien et j’ai compris “raclette”. Résultat : trois heures de randonnée nocturne par -5°C avec un cabas Intermarché rempli d’Abondance Richemonts et de Rosette. Côté détente, on repassera !

Montagnards : entre exploits sportifs… et exploits alcooliques

La confiance envers les autochtones ? Relative. Faut dire qu’environnement hostile oblige, à la montagne, on forge un caractère mi-sportif, mi-alcoolique. Suivre un guide pour trois heures d’ascension à la frontale, alors que le bonhomme vient de s’avaler une tartiflette et huit génépis au Relais des pisteurs, ça ne met pas franchement en confiance. Pour certains, c’est le réveillon ; pour les montagnards, juste un mardi midi entre deux expés.

  • Guide carbo-chargeant à la tartiflette
  • Génépis ingérés façon shot d’hydratation

Rajoutez à cela l’équipement… Entre la combinaison de ski (l’antithèse du sex-appeal), les bottes façon parpaings et les bâtons à la main, tu te sens moins Goldorak que Goldorak en Souffrance Post-Musculaire. Difficile de croire qu’on ait inventé ce loisir nous-mêmes. Dans la Genèse, Dieu aurait pu préciser que, pour le fun, l’humain dévalerait Cham’ chaque hiver, déguisé en sac de couchage, pieds plombés, filant à toute berzingue vers la mort. Enfin, la mort… ou plutôt l’odeur du local à ski d’une résidence “La Marmotte”, animal aussi rare qu’un moniteur ESF humble.

Montagne : pain quotidien, folie douce et sandwich glacé

Mais qui sont ces gens qui attendent ce supplice toute l’année ? Probablement les mêmes qui sourient chez le dentiste ou des inconditionnels de Vianney.

Puis, entre deux plaques de verglas et de dignité écorchée, vient la pause face à La Folie Douce : boîtes de nuit en plein air, en journée, envahies par des promos HEC en classe neige et une armée de mini Louis Sarkozy qui enflamment 800 balles en magnum de Dom Pérignon, tout en se déhanchant sur du Carl Cox, le tout ponctué d’un unique vocabulaire compréhensible : “polop pop pop pop”. Toi, pendant ce temps :

  • Un sandwich jambon-beurre, plus emballage aluminium que garniture
  • Les fesses dans la neige (car à la Cabane à Fifi, l’emplacement terrasse est facturé et 7 transats suffisent pour toute la station)

Retour au “studio pour 8” (le fameux appart), où enlever ses chaussures de ski relève de la torture, version 1h45 et vapeur de chaussettes façon décolleuse à papier peint. D’ailleurs, c’est sans doute pour ça que dans les locations de montagne, il n’y a que du lambris ou du crépi gros grain : la tapisserie ne tiendrait pas la condensation. Enfin, la virée au Spar clôt l’aventure. Tu croises les prix et tu réalises qu’il aurait peut-être fallu ouvrir un plan épargne coquillettes avant de chaîner la 308 pour gravir la station !

Conclusion : la montagne, entre grand frisson et grosse addition

Des souvenirs givrés, des combinaisons qui te font passer pour Goldorak sous stéroïdes, des sorties où tu confonds raquettes et raclette, et l’impression, en bonus, d’avoir vidé un PEL à chaque passage en caisse ou sur la terrasse d’une “folie douce”… Finalement, peut-être qu’à la montagne, le vrai sport d’hiver, c’est l’autodérision ! Mon conseil ? Prévoyez du papier d’alu, une cagoule à toute épreuve et n’oubliez pas : reposer/ski restera à jamais un oxymore… sauf pour ceux qui confondent Vianney avec Carl Cox.

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